Histoire
La linogravure appartient à la famille des techniques d’impression en relief. Elle se développe après l’apparition du linoléum, matériau que l’on peut creuser pour former une matrice. Les parties laissées en surface reçoivent l’encre et reportent l’image sur le papier. Plus souple à travailler que le bois, le linoléum permet des aplats nets, des courbes et des tailles visibles. Des artistes l’ont employé pour l’estampe, tandis que ses qualités graphiques ont aussi trouvé leur place dans l’image imprimée. Une composition en plusieurs couleurs demande plusieurs passages d’impression. Leurs contours ne coïncident pas toujours parfaitement : ce léger décalage fait partie des effets que l’on associe aujourd’hui à ce langage visuel.
Comment le reconnaître
Ici, le style évoque une impression en trois couleurs : une encre noire, une couleur chaude et une couleur froide. Les traits semblent ouverts à la gouge, avec des hachures parallèles et des aplats légèrement irréguliers. Un discret décalage entre les couleurs rappelle les passages successifs d’une impression. Le nom de la commune prend la forme de grandes capitales robustes. Ces effets sont simulés dans l’illustration ; ils ne résultent pas d’une gravure ni d’un tirage sur papier.
Dans la Manche
Sur la côte de la Manche, les falaises, les dunes et les lignes d’horizon se prêtent aux grands aplats. Les hachures peuvent décrire les quais d’un port, les murs d’une église ou les haies du bocage. La palette réduite distingue la mer, les terres et les bâtiments, tout en laissant au nom de la commune une place lisible.