Journal · 26 octobre 2026
Granville et ses terre-neuviers : la forme de radoub qui se vidait avec la marée
Achevée en 1888, la forme de radoub de Granville servait à réparer les morutiers de Terre-Neuve. Son astuce : laisser la marée faire le travail des pompes.
Granville s’avance dans la mer à la limite nord de la baie du Mont-Saint-Michel. Sa Haute-Ville occupe la pointe du Roc, une presqu’île bordée de falaises. Pendant des siècles, la ville a vécu tournée vers le large : cité corsaire, puis grand port morutier, avant de devenir station balnéaire au XIXe siècle.
Les terre-neuviers
Les terre-neuviers étaient les navires qui partaient pêcher la morue sur les bancs de Terre-Neuve, de l’autre côté de l’Atlantique. Les campagnes duraient des mois et les coques revenaient éprouvées. Il fallait les sortir de l’eau pour les caréner, les réparer, les repeindre. C’est le rôle d’une forme de radoub, un bassin que l’on peut mettre à sec.
Une machine sans moteur
Celle de Granville est achevée en 1888. Construite en blocs de granit, elle dessine un plan ovale. Son originalité tient aux marées de la baie, parmi les plus fortes d’Europe. Le navire entrait à marée haute. On fermait la porte. À marée basse, il suffisait d’ouvrir un conduit de vidange pour que l’eau s’écoule d’elle-même : la cale se vidait sans pompage. La forme n’est plus utilisée depuis 1978, mais elle reste l’un des témoins les plus parlants de l’âge de la grande pêche.
Aujourd’hui, Granville demeure un port de pêche, tourné vers les coquillages. C’est une arrivée au port que représente notre affiche illustrée de la ville.
La Haute-Ville et le casino
En montant vers le Roc, on passe la Grand’porte, qui appartient à l’enceinte relevée entre 1727 et 1749 ; le Logis du Roi, au-dessus, accueillait le gouverneur. L’église Notre-Dame du Cap Lihou a été construite à partir du milieu du XIVe siècle, et la caserne Bazeilles, édifiée en 1758, rappelle les projets militaires menés sur le promontoire.
Plus bas, le casino construit en 1910 par l’architecte Auguste Bluysen témoigne de l’autre Granville, celle des bains de mer : deux pavillons à tourelles reliés par une pergola, au décor remanié dans un esprit Art déco entre 1925 et 1930.
Au large, les îles Chausey forment un quartier insulaire de la commune. Tout est sur la page de Granville ; les communes voisines sont sur la page Pays granvillais.
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