Journal · 26 octobre 2026
Saint-Lô : une licorne sur le blason, une façade de schiste vert sur l’église
La préfecture de la Manche porte une licorne dans ses armes et une cicatrice assumée sur son église Notre-Dame. Ce que racontent ces deux symboles.
Saint-Lô occupe un éperon de schiste au-dessus de la Vire. La ville s’appelait autrefois Briovère, « pont sur la Vire ». Son centre ancien, l’Enclos, garde le souvenir de cette position défensive. Deux symboles résument son histoire : une licorne sur son blason, et un mur de schiste vert sur son église.
La licorne, animal de la Vierge
Le blason de Saint-Lô se lit ainsi : « de gueules à une licorne passante d’argent ». Une licorne blanche, en marche, sur fond rouge. Dans la tradition médiévale, la licorne est liée à la pureté de la Vierge Marie, à qui la ville était consacrée. L’animal fabuleux n’est donc pas un caprice décoratif mais une dédicace.
La version associée au Premier Empire ajoute un petit écu bleu portant un N majuscule d’or surmonté d’une étoile. Une variante présente une étoile blanche sur fond bleu dans un coin de l’écu. Les autres figures des armoiries de la Manche, léopards, poissons ou colonnes, sont expliquées dans Les symboles des blasons de la Manche.
1944 : la capitale des ruines
Pendant la bataille de Normandie, Saint-Lô est presque entièrement détruite. L’écrivain Samuel Beckett, qui travailla en 1945 à l’hôpital de la Croix-Rouge irlandaise installé dans la ville, l’a appelée « la capitale des ruines ». Les Américains qui libèrent la ville en juillet 1944 sont honorés par un mémorial dans la chapelle de la Madeleine, vestige d’une léproserie fondée au XIIIe siècle.
Notre-Dame : réparer sans effacer
L’église Notre-Dame, bâtie par étapes à partir de la fin du XIIIe siècle dans la ville close, est gravement touchée. L’effondrement de la tour nord ouvre la nef. Les vitraux, déposés pendant la guerre, sont sauvés. Lors de la reconstruction, on choisit de ne pas reproduire l’état d’avant : une façade en schiste vert marque l’emplacement de la destruction. La blessure reste visible, volontairement.
L’église conserve aussi une curiosité : une chaire extérieure, d’où l’on prêchait à la foule sur le parvis,, dessinée par Victor Hugo.
D’autres traces
L’église Sainte-Croix, consacrée en 1204, a gardé son portail roman ; son clocher a été reconstruit en 1957. Les vestiges des remparts et la tour des Beaux Regards dominent toujours la Vire. Plan, blason et affiche de l’église Notre-Dame sont sur la page de Saint-Lô, et les communes alentour sur la page Saint-Lois.
À lire aussi
- Sainte-Mère-Église, le blason aux deux parachutes
- Coutances : trois colonnes, un léopard et une cathédrale
- Barfleur, plus petite commune de la Manche et grand port du Moyen Âge
- Granville et ses terre-neuviers : la forme de radoub qui se vidait avec la marée
- Les tours de Saint-Vaast-la-Hougue et de Tatihou, sentinelles de Vauban