Journal · 26 octobre 2026
Valognes, le « Versailles normand » et ses hôtels particuliers
Comment une petite ville du Cotentin a gagné le surnom de « Versailles normand », d’Alauna la romaine aux hôtels de la noblesse du XVIIIe siècle.
On ne s’attend pas à trouver un « Versailles » au milieu du bocage du Cotentin. C’est pourtant le surnom que porte Valognes, petite ville de la vallée du Merderet. Il ne vient pas d’un château royal, mais d’une société : pendant plus d’un siècle, nobles et officiers ont choisi d’y vivre et d’y faire bâtir.
Une capitale administrative
Valognes a longtemps été la capitale administrative du Cotentin. Les juridictions, les offices, les familles qui les tenaient s’y concentraient. À partir du règne de Louis XIV, cette petite élite a construit en ville des hôtels particuliers, avec cours, jardins et façades soignées. Le résultat est une densité de demeures nobles rare pour une ville de cette taille, d’où la comparaison avec la cour de Versailles.
L’hôtel de Beaumont, construit au XVIIIe siècle par la famille Jallot, en est l’exemple le plus connu, avec ses jardins. L’hôtel de Grandval-Caligny a une autre célébrité : l’écrivain Jules Barbey d’Aurevilly y a vécu entre 1872 et 1887. Le Cotentin et Valognes traversent d’ailleurs plusieurs de ses romans.
Avant les hôtels : Alauna
L’histoire de Valognes ne commence pas avec la noblesse d’Ancien Régime. Tout près de la ville se trouvait Alauna, une cité antique. Ses thermes subsistent sous forme de ruines, aménagées en jardin archéologique. Les vestiges d’un édifice de spectacles, eux, dorment sous les pâturages et les haies : on marche dessus sans le savoir.
Une ville aussi religieuse
L’ancienne abbaye bénédictine royale Notre-Dame-de-Protection a été fondée en 1629. Après la Révolution, elle a été transformée en hôpital, un destin fréquent pour les grands bâtiments conventuels. L’église Saint-Malo, classée monument historique, raconte une autre histoire : bâtie du XVe au XXe siècle, elle a été restaurée de 1954 à 1964, après les destructions de la Seconde Guerre mondiale.
C’est cette église que nous avons choisie pour l’affiche illustrée de Valognes : elle montre une autre part du patrimoine de la ville que les hôtels particuliers, et elle porte la trace des reconstructions d’après-guerre.
Le blason : un lynx et des épis
Les armes de Valognes sont parmi les plus singulières de la Manche : « d’azur au lynx courant d’argent », accompagné d’épis de blé d’or. Un lynx blanc en pleine course sur fond bleu, entouré de quatre épis. Sous le Premier Empire, la composition a été conservée, avec en plus le franc canton réservé aux « bonnes villes » de seconde classe. Pour décrypter ce vocabulaire, voir notre guide Lire un blason.
Le plan, le blason et l’affiche de la ville sont réunis sur la page de Valognes. Les autres communes du nord de la Manche sont sur la page Cotentin.
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